Introduction

Jeux Vidéo : La Passion des Émotions
Pages 106 – 108
Cet ouvrage a été rédigé au printemps/été 2010
Publié le 16/03/2011

LEVEL 2 : « L’évolution des émotions »

De la quête du « high-score » jusqu’aux larmes

En qualité de simple joueur, l’évolution des sentiments, des émotions dans le jeu vidéo, c’est inévitablement une question de point de vue.

Un point de vue qui dépend, forcément, de nombreux facteurs.

Premier facteur, ma date de naissance. Né en 1982, et ayant débuté assez tard comparativement à bon nombre de joueurs nés avec un paddle[1] entre les mains, je n’ai commencé à avoir ma toute première console qu’au tout début de l’année 1990 si mes souvenirs sont exacts. Une SEGA Master System II d’occasion, avec quatre jeux, deux manettes et un pistolet infrarouge (Light Phaser). Des semaines et des semaines de demandes insistantes et incessantes auront été tout de même nécessaires, en amont, pour que mon cher papa accepte enfin de réaliser mon rêve, en m’emmenant chercher cet extraordinaire trésor chez son propriétaire… déboursant par la même occasion une coquette somme de 1300 Francs[2], conformément à la description inscrite dans la petite annonce.

En mettant un pied dans le monde du jeu vidéo (sur console) à 8 ans en 1990, il est assez logique que toute mon attention se soit portée au départ sur des jeux « dont j’étais la cible ». Des titres divertissants, pour enfant, aux jaquettes colorées, engageantes, plutôt explicites sur le contenu (et peut-être aussi, était-ce un gage de sureté pour des parents responsables d’un amusement jovial et de ma bonne santé mentale ?).

Second facteur : le choix des consoles. Mes trois premières consoles furent exclusivement estampillées SEGA (Master System II, Game Gear et Mega Drive II). Ce choix, qui semble anodin, a pourtant eu son importance dans ma vie de joueur, en m’écartant de jeux mythiques sortis chez leurs concurrentes 8 bits et 16 bits[3] qu’étaient à l’époque la Nintendo Entertainment System (NES) et la Super Nintendo. Je n’ai donc jamais pu goûter aux plaisirs des épisodes en 2D de Mario ou de Zelda lorsqu’ils sont sortis sur le territoire français. Et les quelques parties endiablées de Street Fighter II ou de Mario Kart, elles se déroulaient exclusivement chez les copains qui avaient tous craqué pour cette formidable console : la Super Nintendo. Mais cette question de choix est la même pour tout le monde. Comme beaucoup, je n’ai jamais eu la chance non plus d’avoir à la maison une très élitiste (par son prix et celui de ses jeux) Neo-Geo[4]…  Et ce qui était vrai à 8 ans restera valable pour les vingt années suivantes : il faut savoir faire des choix, soit par conviction et par amour d’une plate-forme (et ses jeux) plutôt que pour une autre, soit par restriction financière car il n’est tout simplement pas donné à tout un chacun de disposer, chez soi, de l’ensemble des consoles de jeu  vidéo du marché. Ma passion avait beau rafler l’exclusivité de l’ensemble de mes deniers d’enfant et d’adolescent, cela n’a pourtant jamais été suffisant !

Enfin dernier facteur, et non des moindres : la sensibilité. Les goûts. Les affinités. La personnalité. Chaque personne est différente, et un joueur pourra aimer un genre et en détester un autre alors qu’un second joueur trouvera son bonheur tout aussi bien dans l’un, que dans l’autre, etc. Il n’y a pas de règle, pas de hiérarchie pour régir la pyramide des sens. Mon sommet ne sera pas forcément le vôtre, et certains jeux qui (me) paraissent universels et semblent être susceptibles de plaire à tout le monde n’auront peut-être pas trouvé écho en vous, ou en moi.

De plus il ne s’agit pas de dresser dans ce chapitre la liste récapitulative de tous les jeux auxquels j’ai joué, ni de la réduire à ceux que j’aurais « préférés ». L’objectif étant véritablement de comprendre et d’extraire les différentes nuances émotionnelles qui ont pu émerger au cours de ces vingt dernières années.

Alors, ces quelques facteurs en forme d’œillères réduiront forcément mon champ de vision et ne me permettront finalement de livrer qu’une analyse tout à fait personnelle et subjective, mais, et c’est peut-être le plus important : sincère. Car ces quelques mots seront le reflet d’expériences passées, de moments, de souvenirs de jeux auxquels j’ai vraiment aimé jouer. Depuis les cadeaux déballés jusqu’aux premiers budgets de salarié.


[1] Ou manette

[2] Environ 290€ en tenant compte de l’inflation entre janvier 1990 et juin 2010.

[3] Pendant de très nombreuses années, les consoles affichaient leurs performances avec le nombre de bits de leur processeur. Les générations de consoles se succédèrent, avec des paliers de puissance qui doublaient mécaniquement. 8 bits (NES, Master System), 16 bits (Mega Drive, Super Nintendo), 32 bits (PlayStation, Saturn), 64 bits (Nintendo 64) et même 128 bits (Dreamcast, PlayStation 2). Ce système de différenciation entre les classes de machines par leur nombre de « bits du processeur » est aujourd’hui totalement obsolète.

[4] La reine des jeux d’arcade à la maison, dont les cartouches de jeu pouvaient coûter dans les 1500 francs (soit environ 300€ en tenant compte de l’inflation). Ces tarifs prohibitifs en firent d’autant plus une console élitiste, et fantasmée par les joueurs.

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  1. 20 mai 2011 à 09:24

    C’est un bon début : une « classification » des facteurs servant à mieux comprendre ton point de vue, ton expérience de joueur et tes goûts.

    Aaaaaaaaaaah la NeoGeo !
    Comme pour toi, elle m’était aussi inaccessible à sa sortie. Mais j’ai craqué 17 ans plus tard. Même si je l’ai achetée en sachant pertinemment que je n’y jouerai que peu, je l’ai !

    • ippo
      20 mai 2011 à 09:40

      Merci, oui j’espère que la démarche de ce Level 2 est assez explicite. De là à dire que je suis arrivé à m’y tenir… je compte sur toi pour me le dire :).

      Quant à la NeoGeo, je n’y ai jamais joué. Elle garde pour le moment son statut mythique et peut-être qu’elle le conservera à jamais.

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