Forums (des tests) de jeux vidéo

Jeux Vidéo : La Passion des Émotions
Pages 168 – 173
Cet ouvrage a été rédigé au printemps/été 2010
Publié le 01/04/2011

LEVEL 3 : « Au-delà du jeu »

A cœur ouvert

Forums (des tests) de jeux vidéo : la passion de contredire et de médire

Avoir un avis contraire, sur tout, tout le temps. Le plaisir de critiquer, de dénoncer, de juger, de catégoriser : est-ce un apanage typiquement français ?
Peu importe, à vrai dire. Mais tout sport national que cela puisse être, la critique facile pourrait aussi bien devenir la gangrène des sites spécialisés de jeux vidéo les plus consultés.
C’est en tout cas ce que je pense. Oui.
Alors on se fait une raison, on évite, on sélectionne, on passe.
Et on se prend à rêver que certains fils de discussions, zones préservées, doivent bien encore proposer cette si délicate alchimie mêlant passion et débat ? Les forums ou commentaires associés aux sacro-saints tests de jeux vidéo sont-ils l’exception qui confirme la règle ?
Ou bien, comme ailleurs, l’endroit idéal pour déverser son fiel sur le testeur, l’éditeur ou le constructeur, parler de tout sauf du jeu testé sans même y avoir joué, et édifier ainsi un temple du préjugé ?

Et avant, c’était comment ?

Vingt ans. En vingt ans, depuis que je suis assidument l’actualité de ma passion première qu’est le jeu vidéo, beaucoup de choses ont changé. Le papier a petit à petit cédé sa place au tout numérique. A l’internet. L’internet et sa liberté modérée d’expression.

En 1990, tout était bien plus simple. Nous avions d’un coté les journalistes spécialisés qui remplissaient les pages colorées de nos mensuels préférés. Et comme tous bons journalistes spécialisés, ils transmettaient d’une façon passionnément subjective leurs avis sur les jeux vidéo.

On appelait cela des Tests.

Une fois le magazine aux douces effluves si caractéristiques d’encre d’imprimerie presque tiède entre ses mains, on se délectait d’un long texte argumenté, imagé, concocté avec amour et se concluant indubitablement par une note globale généralement chiffrée. Un test qui nous permettait de s’approprier au mieux le ressenti, le vécu du rédacteur et, pourquoi pas, tenter de pénétrer nous aussi un peu l’âme du jeu.

Parfois, un second avis d’un autre testeur venait corroborer ou infirmer la notation finale. Soit pour apporter un second éclairage, soit pour confirmer que son collègue (ou rédac’chef) était bien dans le vrai (enfin bon, le rédac’chef il était forcément toujours dans le vrai).


Numérisation de l’édito et du trombinoscope du magazine Joypad n°19 d’Avril 1993.

Et il y a vingt ans, j’y croyais, à ces avis. Je m’y fiais. Je comparais parfois les avis des autres rédactions, lorsque j’avais la chance – rare – d’avoir deux voire trois magazines dans un même mois, parce que les bonnes notes à l’école méritaient bien que ma maman me fasse ce petit plaisir, non ?

Je m’y fiais parce que ces avis là, des avis de pros, de spécialistes, ça comptait pour moi.

Ça comptait parce qu’ils étaient les seuls à avoir essayé les jeux, bien avant qu’on puisse en juger par nous-mêmes, et parce qu’on ne pouvait que leur faire confiance. Après tout, c’était eux les vrais spécialistes que l’on aimait tant retrouver, mois après mois.

Le lecteur 2.0 désabusé

Au fil des années, j’ai le sentiment d’avoir conservé cette confiance vis-à vis des journalistes spécialisés dans les jeux vidéo. Avec le temps, on apprend bien entendu à connaître les goûts du testeur qui lui font indubitablement majorer ou minorer son résultat final.

On apprend à « déchiffrer les textes », et à « lire entre les notes ».

On comprend donc que la rédaction d’un test est une science parfaitement inexacte, forcément personnelle, et on apprend à faire avec, en piochant désormais ça et là les avis professionnels parsemant la toile afin de connaître la température du milieu sur un jeu que l’on attend depuis des années. Ou même découvrir un jeu « surprise » qui est révélé à nos yeux par la critique – comme ce fut le cas fin 2009, pour Batman Arkham Asylum, PixelJunk Shooters ou Darksiders qui ont été unanimement salués par la profession et avec lesquels j’ai pu profiter avec surprise des joies de la découverte.

Mais maintenant que ces années « magazine papier » sont loin derrière moi, on me donne accès à bien plus avec Internet. Un formidable outil qui nous révèle enfin ce que pensent les autres joueurs derrière leur clavier. Face à un même jeu, et en réponse à un même test.

C’est magique ! Sans se déplacer, sans avoir à rechercher des personnes bien réelles pour discuter et débattre de ceci ou de cela, on peut instantanément obtenir de précieux avis de dizaines et dizaines de personnes sur un titre, fraichement sorti ou en passe de l’être.

Et force est de l’admettre, mais d’années en années, cet espoir de vraie valeur ajoutée s’est transformé en triste désillusion. Les forums, en particulier les commentaires associés aux tests de jeux vidéo sur lesquels je fondais mes derniers espoirs, ne recèlent malheureusement pas des débats passionnants auxquels ont pourrait s’attendre. Surtout sur ces quelques sites francophones qui me sont chers, avec de si belles plumes… Ces forums se révèlent plutôt bien souvent être de bien piètres défouloirs, des boites de Pandore.

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Désormais, avant de parler du jeu, on y critique maintenant le test en lui-même, et le testeur. Son style. Son manque de ceci ou son excès de cela. Son coté trop technique et scolaire, ou ses envolées trop passionnées. Sa longueur et ses répétitions ou son coté « vite torché ». On remet parfois même en question l’indépendance du testeur vis-à-vis de l’éditeur, et on croise systématiquement le fameux débat pipi-caca de « la note qui est bien trop faible » ou « c’est surnoté, encore un jeu over-hypé[1] ».

Chaque intervenant du fil de discussion pourrait avoir finalement sa propre vision « optimale » du test… et cela s’étale parfois sur des dizaines et des dizaines de commentaires avant que l’on puisse enfin pouvoir lire de véritables et intéressants avis sur le jeu.

C’est étrange. Il y a 20 ans, à la lecture de magazines papier, jamais je n’ai ressenti ce besoin de critiquer la forme ou le fond d’un test. J’acceptais ce que le testeur avait voulu partager avec plus ou moins de passion pour un jeu ou un genre pour lequel il avait plus ou moins d’affection…

Mais ce dont j’aurais eu envie de discuter, de partager avec d’autres, c’était du jeu. Seulement du jeu.

Poursuivons la lecture des commentaires. Lorsqu’ils traitent enfin du sujet, le vrai, celui du jeu en lui-même, on retrouve les sempiternels avis de personnes qui émettent des opinions à l’emporte-pièce, totalement manichéennes comme « il défonce la concurrence », « c’est la superior version[2] », « on est en janvier, mais on tient là le jeu de l’année », « j’ai joué à la démo, et c’était vraiment nul », « ce n’est qu’une succession de couloirs » et « y’a pas de scénario ».

Opinions tranchées. Oui. Cela peut être compréhensible. Mais lorsqu’à l’évidence on parle de jeux même pas essayés, au mieux à peine commencés, ou décortiqués uniquement à partir de la visualisation de vidéos HD sans n’avoir jamais eu le loisir d’avoir la manette en mains… Cela en devient fatiguant. Lassant.

Mais cela n’est pas terminé.

Cette série de commentaires est encore une nouvelle peau d’oignon à retirer avant d’arriver enfin au cœur du sujet : les commentaires des personnes qui, malgré la publication en avance du test, ont réussi à mettre la main sur une version review[3], ou ont attendu d’avoir eu le jeu en mains et joué suffisamment pour décrire efficacement leur ressenti face au titre. Des commentaires argumentés que l’on attend de lire parfois pendant plusieurs pages, ou que l’on ne lit tout simplement jamais. Soit parce que le lecteur aura été découragé par les 457 commentaires précédents prenant la forme d’une incessante partie de ping-pong. Soit, pire, le futur « commentateur » aura été lui aussi découragé parce que son opinion aurait été immédiatement suivie de remarques désobligeantes – lorsqu’elles n’auraient pas tout bonnement été ignorées par les autres acteurs du fil de discussion.

Espérer que cela change… « Mer il et fou[4] » !

Alors, cette modernisation du journalisme vidéoludique, cette possibilité incroyable de participer et de commenter directement les tests de nos magazines d’antan, est-ce véritablement une bonne chose ?

A ce jour, je pense malheureusement que non.

Tout lire et son contraire, voir se faire matraquer un titre sur des défauts insignifiants ou relayés à partir des « on-dit », cette ambiance pesante du « si tu aimes, c’est que tu es un fanboy[5] ! »… Des préjugés sans la moindre demi-mesure dans une ode constante à la mauvaise foi.

On se demande si on a joué au même Uncharted 2 : Among Thieves. On en arrive à douter du plaisir que l’on pourra éprouver devant un Final Fantasy XIII attendu depuis des années. Et on lit même que Heavy Rain n’est pas un vrai jeu vidéo à cause de ses mécaniques basées en partie sur des séquences interactives misant sur nos réflexes.

C’est évidemment un mal qui touche encore plus les blockbusters, les porte-étendards, qui attirent à eux les nuées affamées des bienpensants et autres « Monsieur Je-sais-tout ».

Alors, que faire pour que cela change ?

Les modérateurs qui régulent les réponses dans les forums font déjà ce qu’ils peuvent, et à partir du moment où les règles rédactionnelles sont jugées comme étant respectées, les forums restent des lieux de libre expression.

Alors tant pis si le test d’un jeu attendu contient plus de mille messages une semaine après sa publication. C’est comme ça. Au milieu de cette montagne de messages, il y en a toujours à un moment ou à un autre un avis qui sortira difficilement du lot. Un message que l’on aime lire, et qui parfois donne même envie de répondre au plus récalcitrant des forumeurs devant son clavier. Un message qui parle du jeu, de l’expérience du joueur. De ce qu’il a aimé et de ce qu’il n’a pas aimé. Une bouffée d’air frais. Mais pour y parvenir et débusquer cette pépite, il faut – toujours – plonger en apnée dans les bas-fonds de la critique passionnée…

Mais, pour moi, la lassitude s’est installée.

Ce qui m’anime, c’est la passion du jeu vidéo.

Je regrette de constater que, malheureusement, la passion de la critique passe bien souvent avant celle du jeu vidéo. Et en plus de m’abstenir de répondre à certains fils de discussions, je crois que je vais maintenant m’abstenir de les parcourir, tout simplement.

Ces quelques mots dressent un constat, mon constat.

Je ne prétends pas détenir la vérité, ni de solution au problème exposé.

Mais je délivre ici l’expression de mes regrets… et l’espoir secret que lorsque j’y reviendrais, parce que j’y reviendrais sûrement un jour, les avis argumentés des joueurs passionnés par le jeu vidéo auront remplacé les critiques gratuites des joueurs passionnés par leur égo.


[1] Ou qui a fait beaucoup de bruit pour rien.

[2] Terme utilisé lors de la comparaison d’un même jeu disponible sur plusieurs consoles simultanément (par exemple sur PlayStation 3 et Xbox 360). Désigne la version qui apparaît comme la « plus réussie techniquement ».

[3] Version testable d’un jeu mise à disposition par un éditeur à la presse avant sa sortie officielle.

[4] Comprendre « Mais il est fou ! ». Expression que l’on doit à un internaute (dont le pseudonyme est Noyart) sur le forum « Bla Bla Light » du site Gamekult.com, en septembre 2009. Une phrase à l’orthographe fantaisiste qui vit encore sous la frappe de nombreux claviers à travers l’Internet francophone…

[5] Se dit péjorativement d’un fan inconditionnel d’une licence de jeu vidéo, ou d’une marque dans sa globalité.

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  1. Platon21
    3 mai 2011 à 09:34

    Alors là Ippo, on est sur la même longueur d’onde. Moi qui aie été testeur de jeux pour Wii et Ds sur un site Nintendo pendant 2 ans, je peux te dire que les avis des testeurs sont superflus, au sens où les joueurs les respectent au final assez peu. Combien de No More Heroes, de Madworld, de Manhunt ai-je pu critiquer de la façon la plus juste et rigoureuse, tout en ayant la volonté que les joueurs achètent ces jeux adultes en masse pour qu’enfin, l’étiquette de public « gamin » ou de « casual » quitte Nintendo ?
    Je suis parti car je n’en pouvais plus des Lapins Crétins et de Léa Passion (désolé Ubi, mais faites plus de bons jeux quoi !).
    Après, il y a les com’ des membres qui sont soient lapidaires, soient sans intérêts. Au début je le vivais assez mal, et puis ça été simple : j’ai fini par plus les lire. Je me souviens de 2 discussions assez animées que tu peux retrouver ici si cela te chante :
    (Resident evil)
    http://www.next-nintendo.com/forum/vie-du-site/118-1-1-0-test-resident-evil-archive.html

    (Okami)
    http://www.next-nintendo.com/forum/vie-du-site/60-1-1-0-test-okami.html

    En fait, là où mon travail de testeur reprenait tout son sens pour les joueurs (et d’ailleurs c’est aussi ce qui a fait décoller le site où je bossais), c’est quand je testais des jeux import US ou JAP. Sinon, ben autant prêcher dans le désert…

    • ippo
      3 mai 2011 à 14:07

      Je te comprends. C’est intéressant que tu apportes la vision de l’intérieure de cet exercice critique et de la manière de le gérer (ou d’en avoir assez) autour des forums de discussions liés aux critiques de jeux.
      La problématique des notes est toujours celle qui fait le plus parler d’elle, et qui colle le plus à la peau du jeu à travers les appréciations et le combat de certains. On en oublie qu’une critique est forcément subjective, et on en vient à rapidement se désintéresser du fond (le jeu), pour ne se concentrer que sur la critique elle même. Souvent, même sans avoir joué soi-même au jeu.

      Ton expérience me montre, et j’en étais convaincu, que je n’aurais sans doute pas pu être un critique de jeu vidéo dans le sens commun qui perdure aujourd’hui encore (notamment à cause du système de notation et de la note tout court).
      Je comprends la lassitude qui s’est emparée de toi à la longue… (mais pas seulement à cause de cet aspect là : les jeux ne te satisfaisaient plus).

      Merci encore pour ta présence Platon21 !

  2. Platon21
    3 mai 2011 à 14:51

    Ben oui, à la relecture des com’ sur mes tests, c’est clairement la notation qui crée des polémiques vaines (pourquoi t’as mis trop de points ? ou pas assez ?? osef).
    Enfin tu sais, malgré mon amertume actuelle, j’aimais vraiment mon travail et j’ai tout de même pris un plaisir fou à écrire, être reconnu pour ma passion. Le pied, c’était avec les tests import, où les gens dévoraient mes tests et m’accordaient du crédit.
    Et puis, tu as visé juste : la politique éditoriale de Nintendo sur Wii et Ds a finit par me rendre malade au bout de deux ans. Trop de Wii Fit, Wii Play, Wii truc…
    Mais je ne suis pas parti de là sans me battre avec la direction… J’étais un vrai moulin à idées. Le site allait pas assez vite à mon goût, et la direction en a eu marre de mes initiatives, il est vrai quelquefois loufoques.
    Parmi les idées d’avant-garde : supprimer la notation sur 20 pour mettre à la place une note sur 5 étoiles. Les étoiles auraient servi d’indication générale : le jeu a la moyenne ou pas. Dans tous les cas, le lecteur était contraint de lire le test pour vraiment savoir de quoi il en retourne, et non filer directement sur le pavé de notation. Mais bon, on m’a expliqué que la note était presque sacrée, alors…
    C’est à croire que les joueurs n’aiment pas lire, ils n’ont pas besoin de longs tests verbeux, mais juste d’un tableau avec l’ordre croissant des notes !

    • ippo
      3 mai 2011 à 15:07

      Difficile de sortir des sentiers battus : pour un site qui veut prendre de l’importance, si on se soustrait au problème de note, on ne peut alors pas « peser » dans le calcul des moyennes en compagnie des autres sites.
      La différence permet soit de sortir (la tête) du lot, soit de s’exclure de la norme.
      Mais on ne se demande finalement jamais si la norme ne devrait pas tout simplement être remise en question ? Toujours par peur légitime de l’exclusion.
      Et qui dit exclusion, sur Internet, dit absence de clic et mort du site.
      Triste.
      Reste les sites à l’audience plus modeste où l’on peut prendre plaisir à lire une critique sans qu’elle ne soit assortie d’une note. Console Syndrome est un exemple que tu connais. Sans note, on lit le texte : et c’est déjà une victoire pour l’auteur et pour le jeu qui n’est alors pas décortiqué dans tous les sens comme sur un banc d’essai technique.

      Si je devais noter un jeu, suite à une critique, je serais presque d’avis d’avoir un système visuel de notation basé sur les émotions (avec une échelle de diversité et / ou intensité), mais qui puisse parfois être différent d’un genre de jeu à l’autre. Certaines émotions étant inhérentes à un genre. Le symbole visuel n’étant qu’un condensé expressif du texte qui précède. C’est tout :).

  3. Citron3D
    3 mai 2011 à 21:22

    tout ce que tu écris résonne en moins. C’est très bien écrit et argumenté. Néamoins, au risque d’être lapidaire, c’est courru d’avance que les commentaires des tests soient dans l’ensemble de la m….. Parce que primo la majorité des gens qui postent sont des ados en manque de reconnaissance qui se défoulent. Et parce qu’une autre grande parties des posteurs de message sont des abrutis. Des adultes abrutis. Enfin des majeurs abrutis. Des personnes peu cultivée qui s’adonne excessivement dans ce loisirs et exclusivement à ce loisir. Perdant ainsi tout sens critique et ayant une vision des choses très limitée, peu de compétences pour élaborer une critique intéressante, sensible, censée. C’est mon point de vue. Si on pouvait mettre un philtre qui permettent de ne voir que les message de certains internautes ce serait déjà une bonne idée. Malheureusement les sites internet gagne leur pain aussi grâce au nombre de clic sur des nouvelle pages (des nouvelle pub que l’internaute se mange) et donc cette pratique du comèrage nombriliste n’est pas prêt de disparaître. Voilà pour mon point de vue. je ne lis que très rarement les réactions des internautes pour ces raisons.

    • ippo
      4 mai 2011 à 15:19

      Cela n’était pas si couru d’avance que cela, et cela dépend des sites et de leur affluence :). Plus un site devient important, plus son nombre de visiteurs est grand, et plus grand est le risque de se retrouver face à des forums de discussion liés aux critiques de jeux qui deviennent difficilement praticables et censés.
      Il est alors parfois plus intéressant de se tourner vers des sites plus modestes et moins visités.

  4. Platon21
    5 mai 2011 à 09:04

    c’est fait, chef !

    • ippo
      5 mai 2011 à 09:05

      Encore merci 😉 ! (et désolé, je n’ai pas trouvé comment déplacer un commentaire d’un article à un autre : je crois que cela n’est pas possible avec cette version).
      PS : je supprimerai mon commentaire et le tien juste au dessus prochainement.

  5. 24 mai 2011 à 09:37

    Je n’ai pas fini de lire mais sinon, je vais oublier, tu as écrit : « beaucoup de choses ont changées. »

    • ippo
      24 mai 2011 à 10:26

      Merci ! C’est corrigé !

  6. 25 mai 2011 à 14:19

    Avant de commencer mon commentaire (sic), j’énonce le fond de ma pensée : JE SUIS D’ACCORD AVEC VOUS !!

    Je le clame haut et fort pour qu’on ne l’oublie pas dans quelques lignes. En effet, ton texte et les commentaires que j’ai lus m’ont donné envie de me faire l’avocat du diable. C’est parti (en même temps, j’écris mon raisonnement en temps réel donc …. bah on verra où ça va me mener) :

    Ce que je remarque, c’est que personne n’a l’air de s’être demandé, du moins par écrit, pourquoi les forumeurs réagissent comme ça, comment ça a commencé et s’il n’y avait pas des raisons sous-jacentes (s’il y en a).

    Bon, évidemment, les français sont râleurs par nature, c’est valable pour un test de jeu vidéo, pour un produit, un quelconque achat et je ne parle pas des sujets qui fâchent vraiment comme la politique, la religion ou le sport 😮

    Ne peut-on pas trouver des raisons plus précises ici et particulières à notre domaine ?
    Tu dis que l’avènement de l’internet a amené des gens blasés à rouspéter contre les testeurs et non plus à discuter du jeu. On sait tous que les 5% de mécontents vont phagocyter 95% des commentaires, c’est toujours ainsi (et c’est vrai qu’un filtre ferait parfois du bien). Mais c’est aussi le revers de la médaille. Beaucoup de journalistes apprécie l’internet justement pour ce rapprochement avec leur lectorat. Mais par définition, si tu te rapproches de tout le monde, tu te rapproches aussi des cons. #Captain_Obvious_proof

    Mais en même temps, avec la facilité de la publication sur internet, tout le monde peut s’improviser testeur et donc on a pu voir débarquer des tests de plus ou moins grande qualité (même chez les professionnels, de surcroît). Peut-être qu’à force de voir des tests « nases », les gens en ont eu peut-être marre.

    Bref, j’avais prévenu, mon raisonnement ne m’a pas mené bien loin 😮

    • ippo
      25 mai 2011 à 14:57

      Non non ce n’était pas inutile comme commentaire ! Et encore merci de continuer à venir faire vivre ces quelques pages !

      Je ne suis pas donneur de leçon, je ne détiens pas la vérité, et ce que je dis ici, c’est avant tout à moi-même que je l’applique. Et comme toi, ce raisonnement est écrit en suivant le cours des pensées et des mots, sans réel recul.
      Ainsi, si je cherche à y voir une explication, une cause, à ce grand nombre de réactions négatives sur les forums (négatives dans le sens où elles ne contribuent pas à faire avancer la discussion), je pense automatiquement à la virtualité de « celui qui commente ».
      Lorsqu’on commente, on le fait sous couvert d’un pseudonyme, d’une image de soi que l’on veut bien donner (c’est également ce que je fais). Mais en faisant cela, on met une distance entre l’être humain derrière son clavier et « l’avatar » qui rédige son commentaire. Le poids des mots n’est alors à mon sens pas le même : caché derrière son avatar, on se lâche, on jète les mots sans parfois en mesurer la portée. Tant pis si cela ne plaît pas (et parfois tant mieux : cela contribue à l’image renvoyée par cet avatar, et au grossissement de notre égo).
      Tout devient plus facile, après tout, en tant qu’avatar, ce que j’écris sur un forum n’engage à rien l’être humain qui se cache derrière. Cela ne me met pas en danger, je ne suis pas obligé de répondre à quelqu’un, je ne suis pas obligé de participer à un échange, bref je ne suis pas obligé d’être correct, courtois, ni même juste.

      Je ne sais pas si le fait de forcer l’identité réelle des internautes pourrait résoudre ce problème, et finalement : je ne le souhaite pas.
      La solution ne réside pas dans des contraintes, dans des « lois », dans des obligations extérieures : elle est en nous.
      Respectons les autres au moins autant que nous nous respectons, soyons francs et honnêtes. Justes envers nous-même et les autres. Sachons reconnaître que l’on s’est trompé, et ajuster notre point de vue avec souplesse, et gardons à l’esprit que ce que nous écrivons, nous l’échangeons non pas avec des avatars constitués de pixels : mais avec des êtres humains tout comme nous.

      Tu vois, je n’ai pas bien fait avancer le débat, ce sont là juste des mots, des lieux communs pourrait-on dire. Sans doute, mais à mes yeux c’est un comportement essentiel et qui doit redevenir naturel : le respect et la courtoisie envers les autres et leurs idées.
      Je suis d’ailleurs très heureux de retrouver ici des êtres humains tout à fait courtois et respectueux! Merci ;).

  7. Marie
    20 octobre 2011 à 10:57

    Bonjour ippo.

    J’ai eu ce lien par le forum de merlanfrit, cela faisait un petit moment que j’avais enregistré les pages dans mes favoris, sans avoir vraiment le temps lire ton ouvrage.

    Je ne lis pas les articles dans l’ordre, peut-être qu’il le faudrait, mais je suis tombée sur celui-ci, qui m’a conduit à me poser la question : Pourquoi est-ce que je lis très peu de test de jeux vidéos? (étant un peu plus jeune que toi, je n’ai jamais été habituée au support papier -je ne compare donc pas avec les années précédentes).

    Il m’est alors venu plusieurs idées. La première est que je ne suis pas une grande joueuse, je me place à environ un jeu par mois et à ce niveau là, les jeux « suites » suffisent largement. En effet, je sais d’avance, en achetant un Final Fantasy, Zelda ou Mario que le jeu va me plaire. Et le temps de le finir, un autre est déjà sorti (j’exagère un petit peu, mais c’est pas loin de la vérité).
    Le bouche à oreille, par exemple pour les jeux que tu décris comme Heavy Rain, Flower, Beyond Good & Evil suffit largement (je possède ces jeux par exemple). Donc je n’ai pas besoin de lire des tests, et les sites de jeux vidéos me servent simplement soit à avoir des nouvelles des dates de sorties, soit de lire des réflexions sur ce média. Et je te remercie à ce propos de ta contribution à en fournir des très intéressantes.

    Ma deuxième piste de réflexion (enfin réflexion, façon de parler…) a été la suivante : pourquoi je me renseigne très souvent sur les films en allant sur allocine.fr alors que je vais rarement voir les fiches d’un site comme jeuxvideo.com, ou alors seulement après avoir fini le jeu? Ces deux sites sont pour moi emblématiques : ils ont déjà quelques années d’expérience et visent un public très large.

    Il y a je crois besoin de plus de renseignements pour le cinéma que pour le jeux vidéos. En dehors des effets « suite », il faut connaitre pour un film les horaires de passage, le lieu, le prix, vo/vf etc.
    Je suis d’accord avec Platon21, le système d’étoiles me semble bien plus judicieux car la tête range en trois catégories simples : les films/jeux qui sont notés comme très bons, comme très mauvais, et les autres.
    Sur les deux sites les commentaires sont souvent très courts, et pas forcément très intéressants, donc je ne suis pas certaine que ce problème soit typique des jeux vidéos.

    Il me parait comme toi très important de lire les tests en entier, ce qui peut être parfois un plaisir, mais je vois mal comment, à l’heure actuelle, sortir d’un système de notation.

    En fait, je pense que c’est plus un problème de notoriété des critiques de jeux vidéos par rapport à d’autres moyens d’expression comme les films ou les livres.

    Mais je suis optimiste, ces problèmes vont s’améliorer au fil du temps je crois.

    Désolée pour le message peu structuré.

    Merci en tout cas.

  8. ippo
    20 octobre 2011 à 11:38

    Bonjour Marie,

    J’ai eu ce lien par le forum de merlanfrit, cela faisait un petit moment que j’avais enregistré les pages dans mes favoris, sans avoir vraiment le temps lire ton ouvrage.

    Merci, cela me touche de savoir que ces textes peuvent aujourd’hui encore susciter un peu d’intérêt :).

    Je ne lis pas les articles dans l’ordre, peut-être qu’il le faudrait, mais je suis tombée sur celui-ci

    Si je devais me permettre de te conseiller un mode de lecture, j’aurais une préférence pour le parcours « chronologique », du début à la fin de cet « ouvrage ». Mais clairement, les quelques textes de ce Level 3 sont des points de vue qui ne se soumettent pas vraiment à une quelconque chronologie. Ce n’est pas bien important, je te suis déjà très reconnaissant de passer quelques moments ici à lire ces textes !

    Il m’est alors venu plusieurs idées. La première est que je ne suis pas une grande joueuse, je me place à environ un jeu par mois et à ce niveau là, les jeux « suites » suffisent largement. En effet, je sais d’avance, en achetant un Final Fantasy, Zelda ou Mario que le jeu va me plaire. Et le temps de le finir, un autre est déjà sorti (j’exagère un petit peu, mais c’est pas loin de la vérité).
    Le bouche à oreille, par exemple pour les jeux que tu décris comme Heavy Rain, Flower, Beyond Good & Evil suffit largement (je possède ces jeux par exemple). Donc je n’ai pas besoin de lire des tests, et les sites de jeux vidéos me servent simplement soit à avoir des nouvelles des dates de sorties, soit de lire des réflexions sur ce média. Et je te remercie à ce propos de ta contribution à en fournir des très intéressantes.

    Pour les jeux « à suite » ou bien les jeux dont je connais les auteurs pour leurs œuvres précédentes, un test ne fera pas pencher la balance de ma sensibilité à leur égard : cela ne m’empêchera pas de découvrir le prochain Mario, Zelda, Uncharted, les créations d’Ueda (pour ne citer que des licences très connues), mais également les nouvelles créations de studios indépendants comme Q Games (et leurs PixelJunk Shooters), Playdead (Limbo) (pour ne citer que deux exemples me venant immédiatement à l’esprit).
    Tu as raison, lorsque l’on éprouve déjà de l’affection pour une série / un créateur / un studio et des œuvres précédentes, la lecture d’un test ou d’une critique n’est pas indispensable pour nous amener à une décision d’achat, mais c’est plutôt une prise de température au sujet de critiques faites sur une œuvre dont on sait pertinemment que l’on va bientôt la découvrir par nous-mêmes.
    Par contre, les critiques / tests peuvent nous amener à découvrir de toutes nouvelles créations, et dans ce cas je place leur lecture dans ce que tu nommes « le bouche à oreille » : je ne partage pas véritablement cette passion ni ne communique autour dans la vie de tous les jours, la lecture de tests, de critiques sur des sites officiels ou à l’audience plus restreinte, reste pour moi le moyen de placer mon oreille près de ces nombreuses bouches !

    Ma deuxième piste de réflexion (enfin réflexion, façon de parler…) a été la suivante : pourquoi je me renseigne très souvent sur les films en allant sur allocine.fr alors que je vais rarement voir les fiches d’un site comme jeuxvideo.com, ou alors seulement après avoir fini le jeu? Ces deux sites sont pour moi emblématiques : ils ont déjà quelques années d’expérience et visent un public très large.

    Il y a je crois besoin de plus de renseignements pour le cinéma que pour le jeux vidéos. En dehors des effets « suite », il faut connaitre pour un film les horaires de passage, le lieu, le prix, vo/vf etc.

    Il me semble que tu privilégies la consultation de ces sites pour obtenir une information, du coup, plutôt que des opinions afin d’agrémenter ta propre idée de l’œuvre en question. De mon coté, je ressens le besoin de me tenir informé de l’actualité (du jeu vidéo, mais aussi du cinéma puisque tu en parles) afin d’être à l’écoute de ce qui est et de ce qui sera un peu plus tard. J’utilise donc allocine ou jeu vidéo.com (et bien d’autres) pas seulement pour des questions pratiques (où, quand, combien, comment) mais aussi pour capter la température de certains joueurs / journalistes au sujet d’une oeuvre présente ou à venir.

    Je suis d’accord avec Platon21, le système d’étoiles me semble bien plus judicieux car la tête range en trois catégories simples : les films/jeux qui sont notés comme très bons, comme très mauvais, et les autres.

    Oui le système d’étoile est intéressante parce que visuel et il paraît plus analogique et vivant qu’une note (même si « 2 étoiles », cela reste très « numérique ». C’est simplement l’effet que cela revêt qui donne cette sensation).

    Sur les deux sites les commentaires sont souvent très courts, et pas forcément très intéressants, donc je ne suis pas certaine que ce problème soit typique des jeux vidéos.

    Oh non, il n’est pas spécifique aux jeux vidéo, et c’est pour cela que je m’abstiens le plus souvent de lire les commentaires au delà de quelques impressions entre les lignes. Il n’y a pas de « véritable avis », qui s’approcherait d’une vérité. Le plus juste, c’est celui que l’on se forge soi-même en admettant, aussi, de pouvoir le faire évoluer par la suite.

    Il me parait comme toi très important de lire les tests en entier, ce qui peut être parfois un plaisir, mais je vois mal comment, à l’heure actuelle, sortir d’un système de notation.

    En fait, je pense que c’est plus un problème de notoriété des critiques de jeux vidéos par rapport à d’autres moyens d’expression comme les films ou les livres.

    Mais je suis optimiste, ces problèmes vont s’améliorer au fil du temps je crois.

    Il existe de plus en plus d’alternatives aux tests « contrôles techniques ». Des alternatives où toute note est écartée, mais où la sensibilité de l’auteur vis-à-vis de l’œuvre se ressent et où la critique peut être tout à fait intéressante. Dans le cadre des jeux dématérialisés, par exemple, je peux te citer la nouvelle collection d’ouvrages de Console Syndrome Editions qui se nomme Download, et dont le numéro 1 est sorti en septembre dernier. Pas de notes, des « critiques » ou analyses de jeux, et tout à fait de quoi se forger sa propre opinion et faire naitre des envies sans qu’il ne soit biaisé ni par des notations ni par des commentaires !
    J’espère que la notation actuelle va évoluer en parallèle avec la maturité de ce medium et de son public, et je suis également confiant : cela va changer avec le temps !

    Désolée pour le message peu structuré.

    Merci en tout cas.

    Mais c’est moi qui te remercie d’avoir pris le temps d’écrire ce commentaire et du temps passé par ici tout court.
    A bientôt j’espère !

  9. Marie
    24 octobre 2011 à 10:52

    Tout d’abord merci de m’avoir répondu. Je lirai ton ouvrage dans l’ordre à partir de maintenant 😉

    Ce que tu dis est tout à fait juste à propos de ma façon de visiter les sites internet, pas forcément la plus judicieuse.

    Je tiens à te remercier pour ta passion communicative.

  10. ippo
    24 octobre 2011 à 11:01

    Merci c’est gentil, j’espère sincèrement que cette lecture te sera agréable :).

    Je ne juge ni ne critique pas ta façon de visiter ces sites, nous n’avons peut-être tout simplement pas la même « façon » de le faire parce que nous n’attendons pas la même chose de ces visites. Chaque manière est sans doute judicieuse pour celui qui l’emploie et qui en reçoit ce qu’il en attend.

    Encore merci à toi, et à bientôt.

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