Pour toi, pirate

Jeux Vidéo : La Passion des Émotions
Pages 174 – 180
Cet ouvrage a été rédigé au printemps/été 2010
Publié le 04/04/2011

LEVEL 3 : « Au-delà du jeu »

A cœur ouvert

Pour toi, pirate : chute, rechute puis désintoxication pour une « juste » évolution

Cet article parle de toi. Ici ou là. Toi qui a un jour succombé à l’appel de la facilité, de l’illégalité. Parfois pour des raisons financières, souvent par boulimie. Des mauvaises excuses. Et toujours avec au fond de toi, ce petit picotement, ce tiraillement de plus en plus fort qui se nomme « conscience ». Conscience de la loi, conscience de la véritable valeur des choses, conscience du marché du jeu vidéo, conscience de mauvais chemins empruntés sur la route de ta passion.

Une prise de conscience, tout court.

Oui, cet article est pour toi.

Pur comme un enfant

Tout avait pourtant bien commencé.

Enfant, tes parents t’avaient fait cette immense joie de t’offrir – enfin – cette Master System II d’occasion avec quatre jeux et deux manettes. Il y avait même un certain Alex Kid à l’intérieur, avec lequel il t’aura fallu maîtriser l’art ancestral du « Papier, Caillou, Ciseaux ». Une époque de boîtes en plastique aux jaquettes hideuses avec, dedans, des banales cartouches noires surmontées d’une bande rouge où était imprimé le titre d’un de tes trésors d’enfant.

Tu te rappelles même d’un titre, pourtant pas si mémorable que ça : My Hero.

A 8 ans, si on t’avait parlé de pirater, tu n’aurais pas compris. Ton esprit encore naïf n’avait même jamais entendu ce mot.

« Pirater ». Peut-être que cela voulait dire qu’on se déguisait en pirate, comme les pirates dont le navire est toujours coulé par Obélix dans les bandes dessinées ? Ou bien c’était encore un mot de grand…

Oui tu avais surement raison. Un mot de grand.

Une nouvelle ère

Les années passèrent, les consoles se succédèrent.

Game Gear. Mega Drive. Super Nintendo. Des boitiers en plastiques ou en carton. Des illustrations de plus en plus recherchées, de plus en plus attirantes. Et des cartouches de jeu. Encore et toujours…

Jusqu’au jour où tout changea.

Le 29 septembre 1995. C’était déjà la fin de tes années collège.

Ce jour fut un véritable tournant pour toi, la fin d’une ère. En plus de dire adieu à tes années d’enfance pour entrer dans l’adolescence et ses complexes, tu avais décidé de revendre toutes ces merveilles qui t’avaient tant offert, au vidéo club du coin pour tenter d’atteindre les 2099 Francs que coutait cette fameuse PlayStation. Et ton vidéo club, qui, entre le rayon des cassettes vidéos porno, les mémorables Blood Sport, Cyborg ou Universal Solider avec Jean Claude Vandamme intercalé avec les autres films d’actions hollywoodiens, vendait aussi des jeux d’occasion : ce satané vidéo club n’avait eu aucun scrupules à te racheter pour une bouchée de pain tes dernières cartouches encore tièdes de Dragon Ball Z 3 l’Ultime menace, Donkey Kong Country ou Secret of Mana sur Super Nintendo, et celles d’Aladdin, Power Drive Rally ou Mickey Mania sur Mega Drive. Et tant d’autres ! De si nombreux anniversaires, de si nombreux Noëls réduits à l’état de billets usés… tu en aurais pleuré toutes les larmes de ton corps. Mais c’était ton choix, après tout. Et, tu ne t’en rendais pas encore compte, mais tu allais bientôt succomber à la tentation du jeu vidéo « pas cher ». Car le CD-Rom allait tout changer.

Juste une fois, pour essayer

Comme lorsque tu étais petit, tu as continué à trouver, provoquer, multiplier les occasions d’avoir de nouveaux jeux vidéo. L’argent de poche t’avait aussi beaucoup aidé. En deux ou trois mois, tu pouvais parvenir à accumuler le pécule suffisant pour te payer un jeu « par tes propres moyens ». Mais cela ne te suffisait pas, et tu en voulais toujours plus. Au cours de discussions avec tes camarades de classe, tu as été faible. Tu as entendu certains mots : « ordinateurs », « graveurs de CD-Rom »… et « tous les jeux du moment ». Alors tu as plongé, nouvel addict de ce plaisir interdit. Un peu pour faire comme les autres, un peu pour ne pas être le dindon de la farce qui achète 349 Francs un jeu que tout le monde fera tourner sur un pauvre CD titré au marqueur indélébile, et un peu (beaucoup) pour avoir encore plus de jeux. Alors tu achetas des jeux gravés.

Tu y pris goût, le virus du piratage s’étant répandu véritablement de partout. Une vraie pandémie vidéoludique. Mais ta passion de plus en plus grandissante, tu te résolus quand même bien à souvent dépenser les 500 Francs que coutaient les jeux imports, avant de te les faire copier puis de les revendre d’occasion dans la même boutique. Au final, ta galette Verbatim opaque et impersonnelle ne t’avait couté « que » la bagatelle de 200 Francs… C’était toujours une bonne affaire, n’est-ce pas ?

Ne plus y toucher

Les années passèrent. Les consoles aussi. Encore.

Nintendo 64 et GameCube résistèrent à ta mauvaise habitude. Mais tu n’en achetas pas moins les jeux au prix fort, pour ne surtout rien rater de Goldeneye 007, The Legend of Zelda : Ocarina of Time ou Resident Evil 4. Finalement, tu allais peut-être réussir à t’en sortir, en suivant tout simplement les règles ? Nintendo était un peu ton patch anti-piratage, qui te redonnait le pur goût du jeu. L’odeur du boitier que l’on ouvre, le manuel d’utilisation parfois en couleur que personne n’avait parcouru avant toi, et les codes à gratter pour obtenir un joli fond d’écran officiel… l’ongle du pouce tout gris, mais le sourire aux lèvres.

Besoin d’une dose

Mais non, il a fallu que tu rechutes. Encore une fois. Pas tout de suite, non. Après avoir lutté quelques mois. Et quelques hits. Sonic Adventures. Shenmue. Soul Calibur. Dans des boitiers de GD-Rom[1] compacts et bleus. Mais la protection promise par SEGA et le format spécifique d’un giga de données aura été vaine. Trop vite. Tu entendis encore parler « d’ordinateurs » et de « graveurs », et pour quelques francs, tu pouvais à nouveau te procurer des titres par le biais d’amis hors la loi, tout comme toi. La Dreamcast te redonna ta dose de frissons d’illégalité. Et de honte. Car tu commençais déjà à entrevoir les limites de ce système frauduleux. Pourquoi avoir tant de jeux, si on ne peut pas en profiter ? Alors tu mis vite fin à cet épisode de dépendance. Et à dix-sept ans, ce début de prise de conscience te laissait enfin croire que jamais, plus jamais tu n’y retoucherais.

Mais tu te trompais. Encore.

Juste une dernière fois. Et demain, tu arrêtes

Tes vieux démons revenaient sans cesse. Tu avais pourtant réussi à les refouler, bien plus longtemps. Sur PlayStation 2, tu parvins à t’abstenir pendant 60 jeux, achetés neufs. Clean pendant 60 jeux, puis aguiché par ce « disque dur » dont tu ne connaissais pas encore l’ivresse. Ça avait l’air si facile. Mais encore une fois, tu te rendis à l’évidence : à quoi bon ? 60 jeux sur les étagères, que tu as choisis et aimés. Tous. Et d’un autre coté ces 25 jeux sur ce disque dur, des jeux que tu n’aurais même pas achetés d’occasion pour la plupart.

A quoi bon, hein ?

Tu commençais à véritablement revenir à la raison. A bien évidemment acheter ce Metal Gear Solid 3, ce Shadow of the Colossus, ce Dragon Quest VIII ou cet Ôkami. Parce qu’ils n’auraient rien eu à faire sur ce disque dur.

Ils n’avaient pas à être piratés. Non !

Mais pas plus que les autres…


Pourtant, avec la Nintendo DS, tu parvins encore à tenir 25 jeux. Avant de céder encore et toujours à cette facilité. Cette drogue avait le même goût que le disque dur de la PS2. Simple et répandue. Mais tu n’arrivais plus à te regarder dans la glace. Tu te dégoutais désormais. Il fallait que tu t’en sortes, parce que ce n’était pas toi. Ces écarts de conduite allaient à l’encontre de tes convictions. Ceux qui pirataient, « les autres », étaient des pourris. Malhonnêtes, mauvais. Tu n’étais pas comme ça, toi. Hein ?

Ce n’est pas parce que tu en prenais un peu de temps en temps, que tu étais comme eux. N’est-ce pas ? Non. Certainement pas. Tu pouvais t’arrêter quand tu voulais. Il fallait que tu te le prouves.

Que tu tires un trait sur tout ça.

Tu allais bientôt être sevré, pour de bon. Cette fois, ce serait la bonne.

Cela fait partie du passé

La PlayStation 3, la Xbox 360 et la Wii allaient te montrer la voie.

Pas parce qu’elles n’étaient pas piratables, non. Mais parce que tu avais décidé de comprendre, une bonne fois pour toutes, la véritable valeur des choses. Comme tu avais pourtant pu le faire auparavant, tu ne pouvais pas appliquer à certains titres ta propre règle du « jeu qui mérite d’être acheté », et à d’autres ta règle du « il ne le méritait pas, de toutes façons je ne l’aurais pas acheté ». Non. Tu es arrivé à un constat, après ces années de haut et de bas : un jeu vidéo, cela se mérite.

Un jeu vidéo, ce sont des créateurs, des idées, du temps investi.

Parfois du génie, parfois une vision.

Et cela se paye.

Un jeu vidéo, c’est un éditeur qui permet à ces créateurs de faire vivre leurs œuvres. De les faire exister. De nous les rendre accessibles.

Et cela se paye.

Un jeu vidéo, c’est le plaisir. Le plaisir que tu ressens, manette en mains. Ce que tu vois, ce que tu entends, ces vibrations au bout de tes doigts. Dans tout ton être. Ces souvenirs que tu fabriques. Cette nostalgie que tu crées.

Ce tout.

Cela se paye.

Alors tu as tourné la page.

Depuis quelques années, tu achètes maintenant tous tes jeux. Et tu retrouves ce plaisir d’ouvrir le boitier, de sentir cette odeur de neuf, de parcourir pour la première fois cette notice. De gratter parfois un code et d’avoir ton pouce couvert de gris. Mais tu aimes ça. Sourire aux lèvres.

Tu achètes même les jeux dématérialisés. Téléchargés légalement. Pas de boite ni de notice. Pas de bonne odeur de neuf. Mais le goût de l’honneur retrouvé. De cet argent si justement payé.

De jouer dans tes règles de conduite, et dans celles de la société.

Et au-delà, tu as retrouvé la vraie valeur des choses.

Où chaque jeu s’attend, se découvre et s’apprécie.

Comme lorsque tu avais 8 ans.

Enfin, au fond de toi, ce petit picotement, ce tiraillement qui se nomme « conscience », ne te dérange plus désormais.

Ne subsiste alors que l’amour du jeu vidéo.


[1] Format propriétaire des disques compacts de la Dreamcast de SEGA, avec 1 Giga Octet de capacité, soit 30% de plus qu’un CD-ROM classique.

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  1. Maxouze
    4 avril 2011 à 10:01

    Hello,

    Je suis toujours aussi fan de ton blog.
    Ce qui m’interpelle ici, c’est la partie où tu parles de la revente de tout ce qu’on a possédé pour pouvoir accéder au St Graal : la PSOne.

    Comme toi, c’était pour moi la fin des années collège et j’avais revendu tous mes jeux NES, ma Super NES et mes jeux Super NES pour pouvoir atteindre cette fameuse somme des 2099 francs !!!

    C’est marrant, encore une fois comme on a eu le même parcours.
    J’ai moi aussi succombé aux effets du piratage dans la cour du lycée quand un pote a acheté un graveur et vendait les jeux PSOne au prix dérisoire de 50 francs.
    Idem pour la dreamcast.
    Puis vint l’ère de la PS2 et sa coque à changer pour faire du Swap CD.
    Et enfin la DS et la PSP …

    L’ère de la PS3, XBOX360 me fit moi aussi revenir à la raison.
    Je ne pirate plus de jeu depuis que ces consoles sont dans mon salon.
    Je me suis même remis à acheter les jeux PSP et DS alors que j’ai toujours un firmware non officiel et une cartouche R3 DS.

    Comme tu le dis si bien, quoi de plus grisant que d’enlever le blister autour de la boîte, de sentir l’odeur du livret tout neuf dans la boîte et de retirer le jeu pour la première fois de son socle.

    Je me suis retrouvé à la fin de l’ère PS2 avec des dizaine de jeux sur DVD (Verbatim comme tu le dis si bien ^^) et plus le temps passait, plus le plaisir disparassait : tu commences un jeu mais tu ne le finis pas. Tu en as tellement que tu ne sais pas lequel lancer et tu n’en profite même pas. C’est triste mais c’est du cassage pur et simple de passion.

    Quand je vois les gens qui offrent des cartouches DS avec 300 jeux dessus je me dis : à quoi bon … le gamin va peut être lancer tous les jeux, mais ne va que les lancer … pas les approfondir … pas en profiter …

    Je me dis qu’on a vécu la bonne époque, celle où le piratage n’existait pas, celle où on était obligé d’économiser pour avoir notre bonheur. Mais quelle joie de pouvoir déballer le nouveau Super Mario ou le nouveau Zelda. Que de bons souvenirs de pouvoir en profiter à fond et de le recommencer plusieurs fois pour pouvoir le rentabiliser.

    Avec le recul, je n’ai pas forcément honte d’avoir piraté des jeux car j’ai toujours continué à acheter les jeux dont j’avais le plus envie, mais je me dis que cela ne m’a pas apporté beaucoup …

    • ippo
      4 avril 2011 à 11:00

      Tout d’abord merci pour ton assiduité !

      Je vois que l’épisode PlayStation et toute la revente qui l’a précédé, je n’ai pas été le seul à le vivre ;). Lorsque j’y repense, je ne le regrette pas étant donné les joies intenses que m’auront procuré les découvertes de l’ère PsOne, mais malgré tout j’ai un pincement au cœur à l’idée de tout ce que j’aurais bien fait découvrir à mon fils avec ces « consoles abandonnées ». Je dois me résigner à racheter, parfois dans un piteux état malheureusement, pour retrouver ces moments là. Il y a même certains jeux auxquels je n’ai jamais rejoué depuis 1995, et que je me retiens de racheter, de peur, en partie, d’en corrompre le souvenir.

      Au sujet du piratage, l’important ce n’est pas tant d’avoir été « clean » toute sa vie, et de juger ceux qui ne le sont pas. Comme tu le dis en conclusion, l’important est de réfléchir à ce que pirater nous apporte au fond : la profusion de titres ? le fait de ne pas dépenser trop d’argent ?
      Ces arguments s’émoussent bien vite avec le temps, et on se rend compte que cela n’apporte absolument rien ni à notre soif de passion ni à ceux qui lui permettent d’exister. En fait, en piratant on ne répond sans doute pas à notre soif de passion, mais on répond finalement plutôt à une soif de possession tout court.
      Et la passion du jeu vidéo devient la passion de la possession !
      « C’est triste, mais c’est du cassage pur et simple de passion. », comme tu le dis.

      Finalement, ces errements nous aurons quand même bien apporté quelque chose : le retour à l’essentiel.

  2. Maxouze
    4 avril 2011 à 11:38

    Moi aussi je regrette d’avoir vendu mes anciennes consoles.
    J’ai même racheté une Super NES il y a quelques temps pour me faire un trip revival 🙂

    Par contre, effectivement, ça «corrompt» un peu le souvenir comme tu le dis, les gameplay sont préhistoriques, les graphismes aussi mais qu’est ce que c’est bon de retoucher aux vieux titres « en vrai ».
    Parce qu’il reste toujours l’émulation, une bonne DualShock branchée sur le PC et c’est tout comme. Tu pourrais faire revivre ton enfance à ton fils assez facilement.
    On dira ce qu’on voudra du piratage, mais plusieurs années plus tard, c’est très sympa de pouvoir s’essayer de cette manière à des titres qu’on n’a pas eu l’occasion de voir en temps et en heure.

    Mais bon, j’avoue que c’est beaucoup plus sympa avec la vraie console, la vraie manette et le vrai jeu. Le gros souci quand même c’est que ces machines sur nos écrans LCD, Plasma, LED, 107cm, Full HD, 3D, pump it up … ça fait plutôt tâche à l’affichage.

    Dans tous les cas je ne regrette pas ces sacrifices car la PSOne c’était quand même juste énorme et c’est cette console qui a affirmé ma passion pour le jeu vidéo.

    En ce qui concerne le mot «possession», en y réfléchissant, je suis plutôt d’accord, j’aurai eu tendance à dire, envie d’avoir les jeux pour pouvoir y jouer. Mais le souci est que malheureusement, je n’y jouait que peu mais par contre, je les possédait (si on peut dire puisque ce n’était qu’un CD avec un nom au marqueur dessus), donc le mot colle parfaitement finalement.

    Un souci de l’adolescent qui pirate par exemple, c’est qu’il n’a pas d’argent pour acheter les jeux qu’il aimerait faire, et là en disant ça je fais part de mon expérience personnelle. Pour pouvoir faire les jeux que je voulais sur ma PSOne, j’étais obligé d’acheter le jeu, de le finir vite et de le revendre vite pour ne pas perdre trop d’argent, ainsi, je pouvais m’acheter un nouveau jeu à moindre frais et ainsi de suite.
    Par exemple, qu’est-ce que je m’en veux d’avoir vendu mon Xenogears … un exemple parmis tant d’autres …
    Tout ça pour dire que le terme «dépossession» peut aussi être associé à tout ça.
    Le fait de pouvoir graver les jeux sur un CD et pouvoir les conserver, continuer à y jouer, ça a pour moi pesé dans la balance.

    • ippo
      4 avril 2011 à 12:06

      J’ai également découvert ou rejoué à certains titres qui ont plus de 15 ans dernièrement (Donkey Kong Country ou Yoshi’s Island sur Super Nintendo, par exemple), et sur télé cathodique (chose importante, tu le soulignes, pour apprécier correctement les graphismes dans leur contexte d’origine) : je ne trouve pas que le gameplay ou les graphismes soient préhistoriques, au contraire il s’agit du summum de l’expérience d’alors. Mais il faut dire que j’ai choisi des titres qui étaient déjà formidables à l’époque…
      Ce que je voulais dire par corrompre l’expérience, ce n’est pas tant en comparaison avec ce que les consoles de jeux proposent aujourd’hui finalement, mais c’est surtout par rapport à ce que je suis devenu, moi : c’est à dire que des choses vues avec des yeux d’enfant sont gravées dans ma mémoire avec ces yeux là. Les revoir plus tard risque (je dis bien risque, cela n’est pas forcément le cas au final) d’en modifier l’expérience et d’en altérer l’idée que je m’en faisais.
      Cela ne fut pas le cas pour Donkey Kong Country pour lequel j’ai retrouvé le même feeling (je n’avais pas joué à Yoshi’s Island, la découverte fut donc un plaisir tout neuf).

      Au sujet de l’émulation sur PC, je suis conscient du fait que cela est possible, mais je ne joue malheureusement jamais sur ordinateur, et je ne compte pas y venir. Et puis la découverte et l’apprentissage passent aussi pour moi, dans la mesure du possible, par la manière qui me parait « juste » aujourd’hui. Ce qui signifie par le jeu dans son contexte original ;).

      Je suis d’accord sur le fait qu’un adolescent peut tenter de justifier son acte au regard des finances dont il dispose. Mais comme tu le dis aussi, et je l’ai pratiqué, on peut très bien acheter puis revendre pour racheter ensuite. Ou encore dénicher de bonnes affaires dans le domaine de l’occasion ou de la vente par correspondance. Et là aussi, je suis d’accord avec toi sur le fait que la revente entraine la « dépossession » et parfois le regret de ne plus pouvoir rejouer à tel ou tel jeu. Mais cela ne change pas le fait que l’on puisse quand même réussir à trouver un moyen plus juste de jouer… et surtout légal. On parle d’envie et de plaisir, mais on pourrait aussi parler d’infraction et d’illégalité. Je crois que nous sommes d’accord pour dire que les deux concepts ne doivent pas être conjugués l’un avec l’autre : même si la tentation adolescente ressurgit, la conscience d’adulte doit prendre le pas sur elle ;).

  3. Maxouze
    4 avril 2011 à 12:40

    J’avoue que les termes gameplay et graphisme préhistoriques étaient sûrement mal choisis. Ceci dit c’est un réel bonheur de pouvoir retoucher à ces anciens titres.
    Les souvenirs d’enfants refont surface et le déception se fait rare.

    J’ai encore ma NES avec juste un seul jeu : Super Mario Bros 3 et, récemment, je l’ai fait découvrir à mon frère qui a 11 ans de moins que moi. C’était vraiment un moment super sympa d’autant plus que le jeu se joue à deux. Et le gameplay d’un Mario est effectivement tout sauf préhistorique.

    Mais certains jeux sont tout simplement innommables avec le recul, j’ai par exemple en tête le jeu tiré des Goonies sur NES. A l’époque j’adorai mais je trouvais ça très difficile. En y rejouant aujourd’hui (sur émulateur, je n’ai plus le jeu), je me rend compte que c’était un titre vraiment mauvais, complètement injouable (et à 1000 lieues du film ^^)
    Les yeux d’enfant pardonnent beaucoup de chose …
    J’ai en tête d’autres exemple mais celui ci me semble être un des meilleurs (dans mon expérience).

    Toujours est il que, comme tu le précise, relancer un Donkey Kong Country par exemple, c’est que du bonheur.

    En fait c’est simple :
    Un bon jeu reste un bon jeu jeu.
    Un mauvais jeu vu avec des yeux d’enfants peut devenir un bon jeu
    Mais avec des yeux d’adulte et des centaines de jeux derrière soi, malheureusement, cette magie disparait ^^

    Pour en revenir au piratage effectivement, trouver des manières plus justes de jouer. Le problème c’est que c’est tellement simple.
    Tu allumes ton PC, tu télécharges un jeu en 10 minutes, tu le colle sur ton Memory stick/disque dur/etc… et c’est parti.
    Avec tant de facilité, il est évident que les gens se laissent tenter …

    C’est pareil avec les films. Fût une époque où je téléchargeais beaucoup de DivX.
    Regarder des films était devenu une orgie. Films, séries, animés … jusqu’à la boulimie si on peut dire. Mais c’était too much, j’en avais tellement que je ne pouvais pas tout regarder.
    Aujourd’hui, j’achète mes DVD, Blu Ray, de films ou séries et je regarde tout ça avec parcimonie. Le plaisir est plus présent, comme pour les jeux en fait.
    Je bosse dans une boîte d’informatique, et je vois des collègues qui sans cesse se refilent des disques avec une chiée de films dessus. Et je leur donne ma vision des choses : comme tu le précisais dans ton article, il faut penser aux personnes qui sont derrière tout ça, qui ont investi du temps, de l’argent …
    Mais les seuls réponses que j’obtiens c’est : On sait mais bon, ça coûte moins cher de télécharger … ça va jusqu’à un tel point que certains n’achètent même plus rien du tout puisqu’ils peuvent télécharger …

    Bref, je pense qu’il faudrait un juste milieu dans tout ça. Télécharger, pourquoi pas, mais pas que … Sinon adieu Jeux, films, séries, musique …

    Mais bon, faire évoluer les moeurs … c’est pas évident ^^

    • ippo
      4 avril 2011 à 14:09

      Oui oui je ne doutais pas du fait que tu ne souhaitais pas généraliser les jeux d’antan en les regroupant tous sous des termes négatifs au regard de ce que l’on produit aujourd’hui. Il y a effectivement des œuvres qui vieillissent très mal et d’autres qui ne prennent pas de ride : c’est peut-être en cela que l’on reconnait un chef d’œuvre d’un jeu plus modeste.
      Et c’est peut-être le risque d’une disparition de cette « magie » de mon regard d’enfant qui fait que j’hésite encore souvent à me racheter certains jeux de l’époque. Mais j’y viendrais sans doute un jour, si l’occasion se présente à moi.

      Pour en revenir au piratage, ce texte, ayant pour objet le jeu vidéo, peut s’appliquer également aux autres formes de médias « numériques » qui peuvent donc s’obtenir facilement par des moyens informatiques.
      La grande facilité d’accès et la gratuité sont deux envoutements qui font sans cesse oublier la raison et nous « poussent » à la possession. Et puis « tout le monde le fait »…
      Mais si un jour tout le monde le faisait réellement, il ne resterait plus que d’anciennes œuvres pour tourner sur ces circuits fermés de la culture. Quelle tristesse ce serait !
      Alors tant pis, je n’ai pas l’impression de « payer pour tout le monde », ou de « payer pour les autres », mais de payer pour le plaisir de jouir dès à présent de cette culture, et aussi pour encourager la création future. Si acheter des livres, des films, des séries ou des jeux vidéo est devenu un acte militant, je suis triste de le constater mais en même temps heureux de pouvoir contribuer positivement au combat des artistes.
      Faire évoluer les mœurs n’est pas évident, comme tu le dis, ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras :). Continuons à faire notre part, et éduquons nos enfants (ou nos proches si le cœur nous en dit) à cette démarche.

  4. Stephanos
    5 avril 2011 à 00:36

    Sans le téléchargement je ne serais probablement pas qui je suis, je lui dois beaucoup. Et je suis triste de le voir diabolisé, rejeté, condamné. Car le téléchargement peut être un outil fabuleux de partage, et de diffusion de la culture.

    Au même titre que « FUMER TUE », télécharger ce serait « VOLER », pirater, soutirer le bien d’autrui sans son accord. Fondamentalement est-ce le cas ?

    Le téléchargement dit illégal qu’est-ce que c’est ? c’est un partage de fichiers dématérialisés de particuliers à particuliers. Télécharger, c’est autant donner que recevoir. C’est mettre à disposition ses films et ses musiques et en contrepartie pouvoir découvrir ceux des autres. Entre les particuliers il y a un accord et non du vol.
    Mettre en commun ses films, ses musiques et ses jeux avec ses amis n’a rien de choquant, pourquoi ce le serait avec le téléchargement qui part du même principe ?

    Dans un monde où tout se paie, le téléchargement apporte une bouffée d’oxygène.
    Pour une fois, avec le téléchargement et Internet plus largement, la société a l’occasion de sortir de l’individualisme. Lutter contre le téléchargement, c’est pour moi dans la même veine que de lutter contre des sites formidables tels que wikipédia.
    Tu considères qu’acheter est un acte militant, télécharger en est également un.

    Il n’y a qu’un cas où je trouve le téléchargement nocif, là on se rejoint. C’est pour les films qui viennent de sortir. Eux je ne les télécharge jamais – Rien ne vaut le plaisir d’aller les voir au cinéma. Tout comme rien ne vaut également le plaisir d’avoir un objet ‘matériel’. Télécharger n’empêche pas la consommation loin de là, ni même le progrès ou la création.

    Mais en quoi la possibilité d’émuler un jeu de playstation, de dreamcast ou encore de gamecube m’empêche-t-elle d’acheter un jeu Ps3 (d’occasion) ? Le téléchargement m’a permis de découvrir tant de films si chers à mes yeux. je n’ai aucune mauvaise conscience à les regarder, ils n’ont fait que décupler mon amour du cinéma.

    L’Etat ne cesse de chercher des moyens pour diffuser la culture, il dépense énormément pour ça. Et il y a un moyen phénoménal là, tout près, à portée de main. Pourquoi ne pas chercher à l’exploiter au mieux ?

    • ippo
      5 avril 2011 à 09:24

      Ce n’est pas le partage de fichier en lui-même qui est mauvais, ce n’est pas le téléchargement qui est diabolisé : c’est le consommateur et la manière dont ce dernier l’utilise.
      Si je condamne quelque chose dans ce texte, ce n’est pas le téléchargement, mais le pirate.
      Et il ne s’agit pas de généraliser non plus : tu fais l’analogie avec la cigarette. Fumer tue, oui. Fumer une cigarette par jour pendant quelques années, puis réduire sa consommation (et s’arrêter ?) tuera moins que fumer deux paquets par jour toute sa vie. Il y a toujours des nuances, la nuance de l’être humain.
      Ce n’est pas la cigarette qui tue, c’est le fait de la fumer.
      Et la manière de la consommer !

      Par le biais des œuvres découvertes via le « téléchargement », sans cette culture qui s’est ouverte à moi, je n’aurais jamais pu découvrir bon nombre d’œuvres qui m’ont éveillé en tant qu’être humain. Notamment des œuvres en provenance du Japon ou de la Corée, inaccessibles sans la traduction réalisée par des fans. Je parle ici d’animé, ou de Drama par exemple. Je suis régulièrement en quête d’une éventuelle sortie de ces œuvres dans le circuit traditionnel de la vente (en DVD), dans l’espoir qu’un jour je puisse payer pour le plaisir qu’elles m’ont procuré.
      Toujours par le biais des œuvres découvertes via le « téléchargement » (disons plutôt qu’il s’agit en immense majorité de « prêts » amicaux, étant donné que je ne télécharge pour ainsi dire pas sur mon ordinateur portable, et de fait, qui est rarement allumé), j’ai pu découvrir à l’époque des séries télévisées ou des animés qui n’étaient pas diffusés dans les canaux français (ou bien sur le réseau payant). Je parle d’Hajime no Ippo, Naruto, Bleach, The Shield, The Wire, Dexter, pour ne citer que celles-ci.
      De ce « partage », comme tu le dis si bien, étant donné que ces œuvres m’avaient été prêtées par le biais de données numériques, comme les bonnes vieilles VHS d’autrefois, du fruit de ce partage donc, je me suis acheté quasiment 200 manga ayant un lien direct avec les œuvres visionnées (par choix, pour découvrir l’œuvre dans son format initial), et je me suis également acheté bon nombre d’intégrales de séries télévisées qui sont devenues indispensables à mon cœur.
      Séries que j’ai eu le plaisir de visionner avec une qualité d’image et de son bien meilleure que la première fois (grâce au format DVD et au soin professionnel apporté aux sous-titres), et pour lesquelles j’ai pu découvrir les suppléments explicatifs sur leur création dans les bonus.
      Manga que j’ai eu le plaisir de découvrir dans leur forme originale, après avoir vue une bonne partie de leur version animée.

      Bien entendu que le partage est un moyen formidable de faire vivre la culture, je ne serais sans doute pas le même sans ce partage également.
      Que serais-je sans avoir pu découvrir des artistes (dans le domaine musical cette fois) venus du Japon et pour lesquels j’ai par la suite acheté des DVD de live grâce à l’import direct (et au prix fort ?).
      Comment aurais-je pu patienter sereinement dans l’attente du visionnage du concert de célébration des 25 ans de collaboration entre Joe Hisaishi et Hayao Miyazaki, si je n’avais pas eu la chance de pouvoir l’écouter en version « mp3 » et de le visionner en version « divx » avant de pouvoir le recevoir en DVD officiel payé plus de 40€ ?

      Comme au temps des cassettes vidéo ou audio que l’on se passait, sur lesquelles on enregistrait nos films, musiques ou émissions favorites pour les faire découvrir à nos amis, le partage est une chose formidable ! On est parfaitement d’accord là dessus.

      Mais comme le précise Maxouze dans son expérience personnelle plus haut, et comme je peux bien évidemment le constater par ailleurs, dans quelle mesure sommes nous un « exemple » de consommateurs corrects et sobres de ce moyen de partage ?
      La plupart des personnes autour de moi n’achètent pas de DVD. Aucun.
      La plupart des personnes autour de moi ne vont pas au cinéma. Jamais.
      Pourtant, ils regardent et consomment la plupart des films d’aujourd’hui et d’hier.

      La plupart des personnes autour de moi n’achètent plus de jeux sur DS, sur PSP et même sur WII dès lors qu’ils ont pu en détourner le système. Plus jamais !

      J’en appelle à la conscience du consommateur.
      Ce n’est pas le partage qui tue l’œuvre. C’est la boulimie. L’excès, le déraisonnable.

      « Dans un monde ou tout se paie, le téléchargement apporte une bouffée d’oxygène. »
      Oui ! Pour la découverte ! Mille fois oui ! Pour l’éveil à la culture de tous horizons ! Encore oui !
      Mais pour se restreindre et se cantonner à ce moyen d’obtention des œuvres. Non. Certainement pas.
      Si ce moyen nous rend « suffisant » de nous-même, devant notre écran, et nous empêche d’aller au cinéma, de sortir sa carte de crédit pour acquérir une œuvre, de se rendre dans un magasin et de prendre le temps de feuilleter un livre avant de l’acheter (tiens je n’ai même pas parlé des livres téléchargés gratuitement au format pdf sur les tablettes !), ce n’est pour moi, pas souhaitable.

      Alors vive le partage ! Qu’il s’agisse de téléchargement, de cassettes vidéo, de clef usb, de disque dur ou autre ! Vive la découverte !
      Mais vive la modération, la consommation éveillée, la réponse à l’envie profonde plutôt qu’à la possession, et la conscience du don de soi comme remerciement pour le plaisir reçu.
      Car le partage entre les « usagers » de la culture, c’est formidable.
      Mais le partage entre l’usager et l’auteur du bien culturel : il ne faut pas l’oublier !
      Le partage c’est l’accueil et le don. Et ce partage, pour qu’il soit totalement complet, passe aussi par l’acte d’achat à un moment ou à un autre.
      Plaisir de recevoir et plaisir d’offrir conjugués 🙂 !

      Nos avis divergent, et je ne te force évidemment pas à adhérer à mon point de vue.
      Des gens avec qui je suis très proche, famille ou non, n’ont pas non plus le même point de vue.
      « Par ce que c’est simple ». « Parce que c’est gratuit ! Pourquoi payer ? ».
      Cela ne m’empêche pas de les aimer, et cela ne fait pas d’eux des mauvaises personnes.
      Par contre en tant que parent, je souhaite éduquer mon enfant et lui apprendre cette nuance entre le prêt, le partage, et la contribution à la vie des artistes et des auteurs.
      A lui de se positionner par la suite, lorsque son tour viendra d’être un « usager de la culture » !

  5. Stephanos
    5 avril 2011 à 23:08

    Nos avis se rejoignent sur l’essentiel !
    Autant j’aime ce commentaire, autant l’article de cette page est à mon sens horrible, dogmatique, du titre à la conclusion.
    Par rapport à tout le reste de ton livre/site il sonne si faux, si peu incarné !

    Et ton commentaire me montre à quel point.
    Pourquoi – je ne comprends pas
    Pourquoi ce « tu » et non un « je », Pourquoi ici un doigt pointé dans une direction unique et non une main tendue
    Pour convaincre celui que tu prénommes « pirate » ? dans un livre se disant majoritairement dédié aux non-joueur -que cherches-tu à faire. A qui t’adresses-tu, dans quel but.
    Est-ce pour ton image ? peut-on même se demander. Pour obtenir validation bien pensante auprès de lecteurs n’y connaissant rien, déjà tout prêts à tordre le coup au téléchargement. Un état d’esprit totalement étranger à celui de l’ouvrage…
    Pour convaincre en tout cas, en présentant le téléchargement comme une drogue nocive, ‘un virus’, tu fais fausse route.

    « Ce n’est pas le partage de fichier en lui-même qui est mauvais, ce n’est pas le téléchargement qui est diabolisé : c’est le consommateur et la manière dont ce dernier l’utilise. » Pourquoi ne pas le mentionner dans ton article ! C’est cet élément qui est intéressant. Oui il y a de mauvaises utilisations du téléchargement : celui qui revend des CD gravés, celui-là fait un commerce honteux, contraire même à l’esprit du téléchargement. Le téléchargement ne saurait se suffire à lui-même, c’est l’évidence. Mais il n’est pas pour autant à exclure. Il permet des découvertes uniques. Il rend accessible au grand nombre une incroyable richesse. Il ne m’a jamais assouvi, il m’a toujours donné envie de plus. Tu le montres dans ton commentaire : il n’exclut pas l’achat, au contraire il peut y mener.
    Le texte de ta page n’a pas de nuance, il condamne.
    La loi Adopi n’a pas de nuance, elle condamne.
    Je condamne.

    Et je n’aime pas ça..

    • ippo
      6 avril 2011 à 08:48

      Je vais te donner une explication qui, je l’espère, te permettra de rétablir ce texte au sein du reste de l’ouvrage.

      J’ai utilisé volontairement la 2ème personne du singulier.
      Ce « tu » qui pointe du doigt, qui agresse le lecteur.
      L’inverse d’une main tendue. A première vue !

      Mais avec ce « tu », c’est à moi-même que je parle en me regardant dans un miroir !
      Cela n’est rien de plus qu’un « je » qui se juge lui-même.
      Ou plutôt qui explique de quelle manière il a évolué, « vers une plus juste évolution ».
      Tu comprends ?

      Comme le reste du livre, je parle d’émotions, de sentiments que j’ai pu vivre. Dans cette partie, c’est « au-delà » du jeu vidéo, mais j’essaie de donner mon point de vue sans l’établir en Vérité. Car tout le monde change, et (sans parler directement de cet texte en particulier) ce qui me paraît juste aujourd’hui, cela sera peut-être un peu plus nuancé demain. Qui sait ?

      Ce « tu » a aussi cette « vertu » de donner la sensation au lecteur d’être pris en faute. C’est une sensation désagréable, mais encore une fois le second objectif du « tu » est de faire réagir, ce que tu as fait : cela ne signifie pas forcément adhérer au propos.
      Et concernant le lectorat non-joueur, ce sujet, abordé par le biais du jeu vidéo, ne touche pas que ce medium là. Ce n’est pas le jeu vidéo qui en est le thème principal. De la même manière que le texte qui parle des « forums de test », ce n’est pas une problématique purement vidéoludique. Mais cela trouvait sa place dans l’intention et l’envie initiale de ce projet.

      Pour conclure, je le redis, repense à ce texte en imaginant un dialogue intérieur plutôt qu’une déclaration péremptoire. Si je juge quelqu’un, ce quelqu’un c’est moi.
      Si tu trouves cela dur, ça l’est sans doute : mais il ne s’agit pas de donner des leçons, ou de convaincre, il s’agit plutôt pour moi de tirer des enseignements de cette expérience.
      Chacun est libre de s’y retrouver, ou de s’y opposer : et j’ai très bien compris ta démarche, même si on s’y retrouve tous les deux en partie, d’autres éléments nous séparent.
      C’est comme ça ;), à chacun sa propre vérité du moment.

      Et encore une fois, merci pour ta spontanéité !

  6. Stephanos
    9 avril 2011 à 00:27

    Disons que ta conscience, à mon gout, est dure sous deux aspects : par rapport à toi-même déjà puisqu’elle ne te laisse pas l’espace de t’exprimer, de dire aussi en quoi le téléchargement a pu aussi t’être bénéfique. Ensuite par rapport au téléchargement : ta conscience (le narrateur de la page du moins) montre le téléchargement comme quelque chose de nécessairement sale, aussi addictif qu’immoral…

    Précision : le fait que je me sois écarté du monde des jeux-vidéos pendant un long temps est aussi peut-être à l’origine de notre ‘divergence’ de points de vue. Par exemple jamais connu la DS, la PSP ou encore la Wii. En dehors de l’émulation, je suis étranger au téléchargement de jeux-vidéos.
    En fait, c’est lorsqu’il a été possible pour nous de télécharger des films que je me suis écarté du jeu-vidéo. Aussi mon expérience du téléchargement n’a presque jamais été celle de films récents avec le cinéma, ça a été surtout une occasion de découverte de films s’étalant sur plus de 100ans et venant du monde entier:/ ! Et parfois aussi des dessins animés comme toi^^
    Tout cela, je ne pouvais jamais le trouver dans mon vidéo-club..

    En te lisant, je me rends compte que je me renseignais aussi très mal : je n’ai jamais rien acheté en import de ma vie (chose qui me semble encore à tord infaisable:/) par exemple j’avais pu découvrir par hasard ce sublime concert de Joe Hisashi dont tu parles et il me semblait qu’il était impossible de se le procurer en France..

    En tout cas je te dis à nouveau merci : ce qui m’inquiétait avec cette page, c’était sa fermeture. En dialoguant avec toi je vois qu’il reste de l’ouverture
    +

    • ippo
      11 avril 2011 à 09:26

      Je suis heureux de pouvoir arriver à une conclusion nuancée et ouverte, d’un coté comme de l’autre. Un dialogue fermé, ce n’est au fond que de deux monologues, et cela n’aurait rien apporté à la conversation. Et cela n’était pas l’objectif de ce texte, ni de cet ouvrage dans son ensemble comme tu le sais.

      Par tes commentaires tu as aussi soulevé ce que pouvait apporter culturellement l’accès à certaines œuvres inaccessibles (par leur ancienneté ou par leur provenance), et j’ai bien compris que ces éléments positifs (lorsqu’ils sont soumis à une conscience modérée et éveillée) te manquaient dans ce texte. Mais c’est ainsi qu’il a été écrit dans l’objectif de mieux comprendre ce qui me tiraillait à ce sujet. Si cela permet d’ouvrir une discussion comme cela a été le cas, avec de la compréhension de part et d’autre, cela me satisfait malgré tout.

      Au sujet de l’importation des biens culturels, l’achat par correspondance via Internet permet d’acquérir des biens neuf en toute légalité. Il n’est pas utile d’aller chercher bien loin (sur la carte du globe j’entends) pour acheter des jeux vidéo moins cher (en Angleterre, par exemple : tu trouveras de nombreuses références ici); de même, il est possible d’importer des produits culturels d’un peu plus loin, avec par exemple le formidable concert de Joe Hisaishi à l’occasion des 25 ans de collaboration avec Hayao Miyazaki ici)

      Encore merci pour ta compréhension !

  7. Platon21
    2 mai 2011 à 16:04

    Salut Ippo
    Comment être le fait qu’un jeu se paye, comme tout produit culturel dont l’auteur mérite un salaire ?
    Responsabiliser les joueurs est une chose, mais vu ton historique, ça met un sacré temps, lol. Comme les joueurs sont aujourd’hui des millions, que bien des trentenaires ont lâché le pad, imagine le nombre de jeunes qui se foutent de l’éthique !
    Ça ne disqualifie pas ton propos, mais ta thèse « le jeu vidéo se mérite + nostalgie » peut paraitre très abstraite quand un jeune a un budget limité et qu’il ne pourra pas satisfaire toutes ses envies. Quand je vois les consoles HD craquées, la DS et la Wii bourrées de jeux pirates, je me dis que tu es à côté de la plaque quand tu écris que « La PlayStation 3, la Xbox 360 et la Wii allaient te montrer la voie. »
    Ce sont les éditeurs qui montrent la voie de l’anti-piratage. Moi qui suis trentenaire et donc sensible à ton discours, je ne pirate pas ma xbox pour la simple et bonne raison que les éditeurs font des efforts avec la baisse de prix rapide des blockbusters, quand je ne me fais pas un petit jeu xbox live du style Limbo pour 3 fois rien !
    Tous les gros éditeurs se sont mis d’accord pour contrer le piratage, le repérage et l’exclusion des pirates sur les réseaux de Microsoft et Sony par le biais des jeux en ligne est quelque chose de dissuasif.
    Je ne me vois pas jouer à un jeu sans partie en ligne alors que de plus en plus souvent, l’essentiel du jeu est là. (Bon, mon exemple est pas super, le PSN est piraté et HS depuis le 20 avril, et Sony a perdu pas mal de crédibilité aux yeux du monde entier).
    Bref, Ippo, je te suis quand tu parles des jeux. Pour le reste, t’es un peu à la ramasse, sans vouloir t’offenser.

    • ippo
      2 mai 2011 à 16:27

      Merci pour ton commentaire Platon21.

      Par ce texte, je n’ai pas cherché à donner des leçons. C’est un parcours, un dialogue intérieur, et peut-être une manière de montrer (pas de « démontrer ») que l’on peut réussir à changer. Que ce que l’on croyait être « anodin » ou « moindre par rapport à la quantité de jeux achetés » etc. Toutes les excuses que l’on veut bien se donner à soi-même continuellement.
      Bref, cette réponse je l’ai trouvée en moi. Pas chez les gestes des éditeurs pour rendre le jeu plus abordable. Et d’ailleurs il me semble qu’aujourd’hui, si on veut du jeu abordable, on peut, grâce à Internet, acheter neuf ou d’occasion la totalité des titres sur le marché à un prix moindre qu’en magasin spécialisé ou en grande surface.
      Cette réponse, donc, cette « éthique », j’ai mis le temps, mais je l’ai trouvée en moi. Mais tu as sans doute raison, même si je crois au potentiel du changement de tout être humain, la vérité est sans doute ailleurs. Et peut-être pas dans une prise de conscience personnelle.
      Peut-être qu’elle se situe dans la voie anti-piratage des éditeurs telle que tu l’as décris.
      Je suis peut-être à coté de la plaque (et cela ne m’offense pas, pas d’inquiétude), mais je préfère la voie de l’éducation, de l’apprentissage ou de l’introspection. Selon moi, au fond, c’est en comprenant des valeurs que l’on peut leur donner un sens.

      PS : comment se passe ton projet d’écriture ?

  8. 2 mai 2011 à 17:01

    En fait, ce n’est pas évident de te lire (ou de te contredire) car tu rapportes tout à toi. Bien entendu, c’est le choix que tu as fais : faire une sorte de long dialogue entre le joueur que tu étais et celui de tu es actuellement. Mais ce dialogue s’adresse aussi au lecteur, et c’est là que ça coince un peu : dans un dialogue, faut être deux. Pas évident avec des activités aussi solitaires que le travail d’écriture ou la lecture d’un blog, tu avoueras. (Ce qui n’empêche pas l’échange « après coup » que nous avons, mais il ne fait pas parti de ton livre : c’est là toute la différence avec le « dialogue »).
    Certes, ton cheminement de joueur peut correspondre grosso modo à celui de l’ensemble des trentenaires. Mais du coup, il est déconnecté des intérêts des jeunes d’aujourd’hui, et c’est là que ton argumentaire sur le piratage peut semble déconnecté.
    Tu prône une « éducation », c’est-a-dire l’acquisition du respect de certaines valeurs dans une communauté, comme le respect de la propriété privée.
    Pertinent, mais ça pose la question des conditions de sa mise en place… Les éditeurs ne peuvent pas attendre que chaque joueur devienne adulte et responsable. Pour donner des réponses concrète aux pirates : baisse du prix des jeux : 70€-50€-30€-15€ + sanction du jeu en ligne.

    PS : après avoir protégé mes droits d’auteurs, je l’ai transmis à CS.com et j’attends la réponse. Patience, donc.

    • ippo
      2 mai 2011 à 17:24

      Désolé de « tout rapporter à moi », ou plutôt à cette expérience d’un joueur parmi tant d’autres.
      Elle n’est sans doute pas adaptée aux personnes concernées par cette question aujourd’hui, aux plus jeunes joueurs que cela pourrait sensibiliser. Tu me l’as très bien fait comprendre :).

      PS : Ah super ! Je te souhaite bonne chance et de savoir persévérer. Personnellement, je ne m’avoue pas vaincu avec cette web publication. La diversité du public visé (incluant les non joueurs) n’aura pas été rencontrée par ce biais de toutes manières… Je retournerai peut être à leur rencontre plus tard.

  9. 2 mai 2011 à 17:03

    houla, je viens de me rendre compte que j’écrivais trop vite (sans me relire). désolé pour les mots qui manquent !

    • ippo
      2 mai 2011 à 17:25

      Pas de problème, j’ai tout compris 😉

  10. Platon21
    2 mai 2011 à 17:34

    Quand je dis « déconnecté » avec les jeunes joueurs, faut pas le prendre mal : je parle uniquement du chapitre sur le piratage. je n’ai pas fini de lire le reste, mais je trouve déjà ton boulot remarquable.
    j’ai tendance à te rentrer-dedans, alors j’espère que tu feras de même lorsque tu auras mon bouquin entre les mains !

    • ippo
      3 mai 2011 à 08:47

      Ne t’inquiète pas, je ne le prends pas mal du tout. Tu as le droit de t’exprimer et de dire ce que tu penses dans la forme qui te convient le mieux. Je n’ai pas été heurté par cette forme, ni par le fond qui est sans doute très vrai en l’occurrence :).

      J’espère que ton livre connaîtra la voie royale du papier, et je serais très curieux d’en savoir plus (et de le lire, si je suis touché par sa thématique, pour l’instant cela reste assez mystérieux, et je le comprends tout à fait :)).
      Après, je ne suis pas du genre offensif mais plutôt défensif (pour défendre une idée qui « me » semble « juste »). Le cas échéant, je te dirais plutôt ce qui me plait dans ton travail, ne m’attardant spontanément pas trop sur ce qui me déplaî(rait, si tel était le cas). J’espère en apprendre plus prochainement !

  11. Citron3D
    3 mai 2011 à 21:37

    Est-ce qu’il n’y aurait pas moins de piratage si le prix des jeux n’était pas aussi élevé. Je pense que 30 euros neufs les jeux se vendrait mieux. Et pourquoi pas 25 même… Cela reste encore aujourd’hui excessivement cher à mes yeux et surtout au porte monnaie des jeunes et gens peu fortuné.

    • ippo
      4 mai 2011 à 10:07

      Sans doute que le piratage en pâtirait, mais le fond du problème n’est pas que dans le prix.
      30€ c’est (bien) moins que 70€, mais on peut encore et toujours trouver cela « trop cher » (et cela restera plus cher que la gratuité). D’ailleurs, j’achète déjà mes jeux neufs et officiels à moins de 40€ grâce à Internet, en France ou ailleurs, et ce depuis bientôt 3 ans. C’est une barre de prix que je ne dépasse que rarement désormais.
      Le problème fondamental reste la notion d’achat tout court, une démarche différente de celle d’obtenir gratuitement un bien.

  12. Platon21
    4 mai 2011 à 19:10

    Citron, les jeux HD sont certes plus chers à l’achat que la génération précédentes. Mais si tu as la patience nécessaire, comme moi, ta bibliothèque peut facilement être blindés de jeux, acheté chacun au maximum à 20€. Il suffit d’attendre 6 mois, 1 an, voire 2 ans, et tous les hits a 60-70€ qui t’empechaient de dormir sont accessibles à tous.

    Et puis, on a tendance a avoir la mémoire courte : le jeu vidéo a depuis son origine été un produit de luxe comparé au prix d’un cd ou d’un film vhs ou d’un dvd. Je me souviens du prix des jeux SNES ou NEO GEO, ça faisait mal au coeur ! Je ne dis pas que, puisque les éditeurs se sont toujours goinfrés, il est normal qu’ils continuent aujourd’hui. Je dis juste que c’est pas nouveau…

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