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Jeux Vidéo : La Passion des Émotions
Pages 5 – 8
Cet ouvrage a été rédigé au printemps/été 2010
Publié le 21/02/2011

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A 28 ans, je cultive chaque jour le bonheur d’être le papa d’un petit garçon de bientôt 4 ans, et l’heureux époux de mon âme sœur.
Je ne suis pas journaliste.
Je ne suis pas critique de jeu vidéo.
Je ne suis ni psychologue, ni docteur, ni même chercheur.
Et d’ailleurs, je tiens à vous mettre en garde : ce livre ne constitue pas une analyse détaillée, ni une étude approfondie.
Ceci est un témoignage.
Je suis un simple joueur, comme vous l’êtes peut-être déjà… ou comme vous le deviendrez, pourquoi pas, un jour.
Et comme vous, l’un de vos amis, de vos proches parents ou de vos enfants, je joue aux jeux vidéo depuis plus de vingt ans.

Ce qui n’était autrefois qu’un loisir, un divertissement enfantin, s’est très vite transformé en une véritable passion. Une passion pour les jeux, pour leurs créateurs. Une passion alimentée par une curiosité éveillée et perpétuellement renouvelée, à grands renforts d’innovations, de mutations, de découvertes et d’émerveillement pour un medium qui ne cesse d’évoluer.

Mon amour pour le jeu vidéo est né d’un coup de foudre pour les consoles de jeux à l’aube des années 90. Cet amour n’est pas apparu par dépit ni par opposition aux jeux sur ordinateur, mais bel et bien par choix. D’abord parce que j’adhère au simplissime principe du Plug & Play[1], et qu’ensuite, au-delà de cette accessibilité aisée, il se cache une véritable et bien valable raison : les jeux. C’est devenu une évidence : je ne retrouve que sur console le panel d’œuvres qui rassasie intégralement mes goûts de joueur.

Depuis tout petit, j’ai toujours été naturellement plus intéressé par les jeux ayant une narration forte, ou à défaut, laissant une belle part à l’imaginaire. J’aimais que l’on me raconte une histoire, et j’appréciais aussi m’imaginer les pièces manquantes, parfois, dans un puzzle narratif. De plus, jouer aux jeux vidéo n’était que rarement synonyme de loisir que l’on partage à plusieurs, la faute, notamment, à un éloignement géographique avec mes petits camarades de classe, m’interdisant purement et simplement toute confrontation amicale. C’est pourquoi j’ai toujours privilégié, par exemple, les jeux de plate-forme[2] aux simulations sportives, et les jeux de rôle[3] à ceux de combats. Cette orientation ne m’aura pas empêché de goûter à un très large éventail de genres pour me forger ma propre opinion, d’époque en époque.

J’ai traversé chaque génération de console avec un mélange ambigu d’envie de nouveauté et de pincement au cœur du passé qui s’enfuit, et nous échappe peu à peu. Il est lointain, désormais, le temps de ma toute première Master System, processeur 8 bits, robe noire et graphismes en deux dimensions, aux prémices d’une passion. Une période où « SEGA, c’était plus fort que moi[4] », alors j’ai facilement succombé à la tentation du monde des consoles 16 bits avec son héritière, la Mega Drive. Mais à l’époque, une guerre fratricide faisait rage entre les constructeurs Nintendo et SEGA, divisant parfois les joueurs entre l’une ou l’autre des deux enseignes emblématiques.
Et finalement, en tant que joueur, je ne souhaitais pas choisir laquelle des deux obtiendrait mes suffrages. J’avais, au contraire, l’espoir secret de pouvoir jouer à tous ces jeux qui attisaient tant de convoitises chez ces deux bâtisseurs de rêve. Et du rêve, ces chers magazines spécialisés dont le vétéran Joypad[5] ou les disparus Mega Force[6] et Player One[7] allaient m’en prodiguer tous les mois pour les trente jours suivants, en étalant dans leurs pages les images des jeux à venir, exposés et décortiqués avec passion.

Alors, séduit par ce chant des sirènes, mes rêves devinrent progressivement réalité, en faisant se succéder, d’années en années, d’anniversaires en Noëls, d’argent de poche en premiers salaires, une farandole de consoles portables ou de salon, dont les noms barbares pour le profane résonnent parfois d’une douce nostalgie dans les oreilles du passionné : Master System, GameGear, Mega Drive, Super Nintendo, PlayStation, Nintendo 64, Dreamcast, GameBoy Advance, PlayStation 2, GameCube, Xbox, Nintendo DS, PlayStation Portable, Xbox 360, Wii ou PlayStation 3. Toutes ces machines, à leur manière, m’auront appris à connaître puis affirmer mes goûts de joueur.

Plus qu’affirmer mes goûts, ces quelques années passées à suivre assidûment l’évolution du jeu vidéo ont fait naître une envie : celle de partager les expériences avec d’autres joueurs, mais également -et peut-être même plus particulièrement- avec des interlocuteurs ayant une méconnaissance de ce monde, voire même une « réticence ». Il ne s’agit pas pour moi de monter sur un cheval égocentrique, brandir la bannière du sentimentalisme et partir en croisade pour défendre cette passion coûte que coûte vis-à-vis de ses détracteurs. Mais, plutôt, espérer que d’une certaine manière je puisse ouvrir une brèche dans la curiosité d’esprits ouverts à l’initiation, et défricher une voie conduisant même, qui sait, à l’intérêt.

Après tout, il ne s’agira dans cet ouvrage que d’une histoire de sentiments.
Et j’aime à penser que chacun est à même de parvenir à recueillir, d’interpréter et d’éprouver les sentiments véhiculés par les œuvres dont il sera question ici. Qui n’a jamais ressenti dans sa vie, bien réelle, la peur, l’angoisse, la joie, l’amour, la haine… ou même, plus rarement, le courage ?

Aujourd’hui, il existe une multitude de portes d’entrée pour accéder au plaisir du jeu vidéo, plaisir qui ne se limite plus à la seule quête de la performance ou du dépassement de soi, ni même à la simple (mais légitime) distraction.
Ce sont de ces portes, parfois dérobées, masquées derrière d’imposants portails de préjugés ou de catégorisation hâtive, dont je souhaiterais vous donner quelques clefs au fil des pages qui vont suivre.

Voilà pourquoi je m’adresse à vous.

Tout d’abord aux joueurs ayant déjà réussi à trouver quelques-unes de ces clefs au cours de leurs expériences personnelles, mais dont la découverte d’une tierce vision serait l’occasion de replonger dans leurs propres souvenirs, ou bien de comparer et d’enrichir les points de vue et les interprétations autour d’une œuvre commune.

Mais cet ouvrage s’adresse également aux nouveaux joueurs avides d’émotions. Ceux-là même qui sont entrés dans ce paysage vidéoludique par le chemin goudronné de la simulation sportive, du jeu de réflexion ou de combat, et qui souhaiteraient explorer un ou plusieurs sentiers cahoteux qui auront, je l’espère, été mis en lumière dans ces quelques pages.

Enfin, ce livre est dédié aux non-joueurs : acceptez cette main tendue par un simple passionné pour vous accompagner dans un voyage touristique au cœur d’un univers d’une richesse que vous n’auriez sans doute pas imaginée. Je vous promets de vous faire visiter quelques-unes de mes adresses préférées, où des mets délicieux sont préparés de main de maître par des femmes et des hommes touchants et mémorables : les créateurs de jeux vidéo.

Je vous invite à présent dans l’intimité de ma passion…


[1] Plug & Play : on branche la console, on insère le jeu et on joue !

[2] Jeu dans lequel on contrôle son avatar en faisant preuve de dextérité pour sauter de plate-forme en plate-forme afin de parcourir un niveau jusqu’à en accomplir l’objectif, ou en atteindre la fin

[3] ou RPG (pour Role Playing Game) : jeu où l’on incarne un ou plusieurs personnages dont les caractéristiques évoluent au cours de l’aventure.

[4] En référence au slogan publicitaire « SEGA, c’est plus fort que toi ».

[5] Magazine mensuel et généraliste de jeux vidéo (consoles) dont la parution a débuté en 1991.

[6] Magazine officiel des consoles de jeux SEGA, publié entre 1991 et 1998

[7] Premier magazine mensuel généraliste traitant des consoles de jeux vidéo, publié entre septembre 1990 et janvier 2000.

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  1. Double K
    24 février 2011 à 12:57

    Hop,  » marquer cette page.  »

    Je suis au taf, donc pas le temps de me lancer vraiment dans une lecture profonde, mais les deux premiers paragraphes que j’ai survolé m’ont fait comprendre que je ne devais pas rater ça. Je joue aux jeux-vidéos depuis une quinzaine d’années, et découvrir l’histoire et les ressentis d’un passionné comme moi ça peut-être très intéressant.

    • ippo
      24 février 2011 à 13:39

      Merci Double K de montrer de l’intérêt pour ce projet !

  2. 26 février 2011 à 21:14

    Je découvre ton projet via un tweet, l’ambition est belle et ma curiosité attisé je garde donc ton blog projet littéraire dans mes favoris, je m’abonne à tes tweets et dès que j’aurai du temps je me pencherai sur tes textes

    • ippo
      26 février 2011 à 22:09

      Merci remy ! J’espère que ta curiosité n’aura pas été attisée pour rien 🙂

  3. 26 février 2011 à 23:36

    Il n’y a pas de raison que je le sois, même si tes premières publications je veux dire la partie récente semble moins m’intéresser que la suite – parce que c’est dans la suite que je pense plus me reconnaitre, je vais tout lire, parce que j’ai eu envie de faire comme toi, parler de mon expérience, parce que toutes les expériences sont bonnes à partager, alors je suis sûr que je ne serai pas déçu 🙂

  4. Nick
    1 mars 2011 à 14:05

    Les premiers articles sont intéressants, j’éspère qu’il en sera de même pour la suite. Il est plaisant de voir émerger ce genre de textes sur internet. Je ne peux qu’encourager ce genre d’initiative !
    Je marque la page.

    • ippo
      1 mars 2011 à 15:27

      Merci Nick !

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